Du complosophisme

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DU COMPLOSOPHISME(*)

(*) : Cf. Alexis Haupt. 

LES OUKASES DU MINISTÈRE DE LA VÉRITÉ 

Du scepticisme au complotisme… et du complotisme au terrorisme : de (trop) faciles raccourcis sémantiques 

« Complotiste, hein ?! »… 

La traque des crimes-pensées – De la rumeur au complot

De la folle croisade anticomplotiste des complotologues, ces gardiens de la matrice, ces geôliers de la vérité, ces fins limiers radicalisés à la solde de l’Empire et de l’Art royal
Lorsque dénoncer les mensonges, les exactions et les crimes des puissants inflige la marque < distinctive et infamante > de « complotiste » ou 
de « conspirationniste » comme autant d’épouvantails et de repoussoirs agités pour effrayer les normies
Le terrorisme idéologique (à tout le moins) de la Ripoublik des oligarques

Les conspirations existent bel et bien (cf. la longue Histoire humaine) et leurs occurrences ne datent pas d’aujourd’hui ni même d’hier. Les complots ont toujours existé. Ils sont aussi vieux que l’homme lui-même. Aussi vieux que la convoitise, la vengeance ou la soif de pouvoir.
Le problème, nous le savons tous, ce sont les « complotistes ». Pas les comploteurs. Pas les conspirateurs. Pas les corrupteurs. Pas les corrompus… NOON !! LES COMPLOTISTES, VOUS DIS-JE !! Les complotistes !! Les complotistes !! Les complotisss !! Ces débiles mentent comme ils respirent ! De vraies plaies, ces brêles ! Des connards !! Des demeurés !!

C’est celui qui dit qui y est ! L’étiquette « complotisme / complotiste(s) / conspi(s) » : le facile raccourci doctrinaire, la pensée binaire, manichéenne, manipulatrice, perverse, par excellence des anti-complotistes – ou des pro-conspirateurs, ce qui revient à peu près au même – recèle une indéniable dimension projective, réflexive, de la part de leurs auteurs.

VOIR ET SAVOIR – DU VU ET DU NON-VU
La question n’est pas ce que vous regardez, mais ce que vous voyez. (Sénèque) Voir tout sans rien croire (cf. Le Tartuffe, Molière). Pis : tout voir sans rien voir (ou sans rien comprendre) alors même que cela, comme le dit le bon sens populaire, se voit comme le nez au milieu de la figure… Rappelant en cela la parole biblique : « Ils ont des yeux et ne voient point, Ils ont des oreilles et n’entendent point. » Cf. aussi 1984 (G. Orwell)… Rien, en fait, de surprenant à ce “conditionnement” prodige de l’esprit car la réalité se montre plus prosaïque – mais contre-intuitive : on voit ce que l’on croit, tout simplement !… Et puis quand bien même les choses étaient effectivement conscientisées, il y a encore, le cas échéant, pour bloquer la chaîne de partage, le verrou critique que peut représenter le poids de l’omerta ou la puissance inhibitrice du motus et bouche cousue.

Entre complotisme et divulgation. Le complotisme de l’anticomplotisme (cf. Frédéric Lordon) ou le complosophisme (cf. Alexis Haupt) : véritable terrorisme intellectuel des chasseurs de « complotistes », des officines de la désinformation endémique, des collabos de la mafia mondialiste, des agents provocateurs du NOM, des gardes-chiourmes de l’ordre établi, des matons de la loge globaliste, des intégristes de la doxa globalo-fasciste. L’anathème complotiste, soit le discours normatif indécrottable des dominants assénés aux dominés avec interdiction stricte de penser pour ces derniers. – Merci la CIA, merci à son programme Mockingbird & Co… ! – Précisons qu’il en va exactement de même du qualificatif suremployé, surfait, « controversé », devenu synonyme calomnieux, touche linguistique distinctement péjorative utilisée par les mêmes conspirateurs arrogants pour attenter à la probité de leurs opposants, rabaisser leurs adversaires, diffamer leurs ennemis, leur jeter boues, fiel et fientes sans jamais avoir à se justifier de quoi que ce soit.

Sauf erreur de notre part, s’il y a des complotistes c’est d’abord parce qu’il y a de vrais comploteurs… et de vrais conspirateurs du silence pour les protéger. C’est parce qu’il y a des comploteurs qui complotent, des conspirateurs qui conspirent qu’il y a des complotistes et des conspirationnistes pour les dénoncer. 

« Dans un monde de propagande, la vérité est toujours une théorie du complot. »

Nous savons hélas que penser (surtout différemment) fait mal, que nous vivons dans un monde qui glorifie le conformisme et, à l’inverse, accable la vérité solitaire au point même d’attaquer ceux qui osent encore penser (cf. Arthur Schopenhauer). Nous renvoyons d’entrée le traqueur de « complotiste(s) » à la magistrale sentence de Paul Valéry : « Qui ne peut attaquer le raisonnement attaque le raisonneur ». Qu’il cogite aussi sur les trois armes définies par Hannah Arendt (la démonologie, le déni du réel et la judiciarisation) – trois armes auxquelles on ajouterait aujourd’hui la psychiatrisation, comme une sorte de prolongement profane de la diabologie d’antan. Et puis, que notre saint inquisiteur veuille également méditer cet aphorisme d’Alexis Haupt : « Voir des complots partout, c’est être complotiste. Voir des complotistes partout, c’est être journaliste. »

De plus, en tirant avantage de la loi de Brandolini, les dénonciateurs de complotisss ne font que saturer à leur profit l’espace de discussion. Dit autrement, ils exploitent à fond l’artifice « inonder la zone » (« flood the zone », comme disent les spécialistes des Relations Publiques) pour éluder, contrarier, récuser toute réponse adverse.
Étiquette d’autorité stupide, insulte phare, argument repoussoir, vocable pontifiant, vignette designée pour blâmer, criminaliser, diaboliser la pensée divergente, figure massue de reductio ad Hitlerum… comme autant de fatwas lancées, d’attaques ad hominem systématiques des propagandistes et des bien-pensants pour empêcher tout débat contradictoire, déconsidérer à bon compte, disqualifier les oppositions et réduire les voix dissidentes au silence. Des manœuvres grossières et éculées menées par les tenants de l’ordre établi, par les zélotes et les chiens de garde de l’Église mondialo-nazie au Tribunal de la Mauvaise foi pour étouffer toute critique. Le procédé est vieux comme le monde : pour discréditer à bon prix, l’accusation fallacieuse brandit un terme injurieux ou agite une formule magique infamante – variable selon les époques – afin de couper court à toute discussion et la clore d’office. Les prétextes les plus grotesques, les outrances les plus viles ont communément cours et les plus spécieux raflent la mise. Lorsqu’on veut noyer son chien, ne l’accuse-t-on pas – opportunément – de la rage ?

« Complotiste ! » Et alors ?! Complotiste toi-même !!
Qui donc est le diable ?!
Que ceux qui ont des yeux voient, et des oreilles entendent.

Petit rappel aux censeurs :
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » (Article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 faisant toujours partie du bloc de constitutionnalité de la Ve République)

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