« Il faut quelque chose de plus que l’intelligence pour agir intelligemment. »
(Fiodor Dostoïevski (1821–1881)
En complément de la page « Qui je suis »
Permettez-moi une petite digression, fruit de mon expérience…
L’intelligence n’est pas dans le diplôme(*)
(*) : Et pas plus dans la grandiloquence de son titre ou de son curriculum vitae, dans le poids de son compte en banque ou dans l’envergure de son patrimoine.
Le diplôme – quel qu’il soit – n’est en rien une preuve d’intelligence, un gage de discernement, une garantie de capacité réflexive autonome
Sans (grande) instruction ne signifie pas (nécessairement) sans jugeote ou sans profondeur
Abrutissement, conformisme et prêt-à-penser – La désinstruction publique
Les produits de la propagande et du formatage
Le gavage (bourrage de crâne) en règle et ses ravages – L’instruction à la chaîne – Tout esprit critique annihilé
Des élevages humains intensifs, les feed-lots de la déformation – Des élevages de zombies – Des coquilles vides qui sonnent creux
Un système scolaire technocratique qui cultive compétition et obéissance
L’école d’aujourd’hui est la préfiguration de la société de demain.
Combien de dizaines de milliers de diplômés cancres sortent chaque année des usines nationales ? Des individus stéréotypés par la société (l’éducation, les médias, la « culture », – éventuellement – la religion…) pour devenir de bons consommateurs, de dociles exécutants et de gentils cobayes. Voilà ce que réclament nos Maîtres.
Pourtant le constat – flagrant – « On tue l’esprit dans les écoles » remonte à la fin du XIXe siècle… Depuis, les choses n’ont fait qu’empirer… et empirer… et empirer… et empirer…
”I don’t want a nation of thinkers. I want a nation of workers.”
aurait déclaré, en 1903, John D. Rockefeller, le célèbre magnat américain du pétrole.
L’intelligence n’a rien à voir avec les études.
L’intelligence est un caractère intrinsèque d’un individu qui n’a rien à voir avec l’instruction reçue. Lorsqu’on est « intelligent », on ne l’est pas que dans un seul domaine !
L’intelligence n’est pas une question de diplôme ou de formation. L’esprit, la sagesse, le bon sens ne sont pas dans le parchemin. Ce ne sont pas les études qui rendent les hommes et les femmes intrinsèquement plus intelligent(e)s et meilleur(e)s, faut-il le rappeler. Qui en effet n’a jamais trouvé de parfait imbécile, de rustre avéré, de salaud fini, de raclure accomplie parmi de hauts diplômés ? – Je suis absolument certain que vous en connaissez, et peut-être beaucoup, indirectement au moins ! – Socialement parlant, en ce qui concerne les goujats savants, le cumul des parchemins se montre même cruellement contreproductif tant leur égo s’en trouve de ce fait démesurément dilaté. Les circonstances de la vie m’ont amené à croiser des personnages éminemment instruits se révélant par ailleurs être aussi supérieurement stupides que hautement abjects. L’école instruit seulement les individus. Contrairement aux apparences, elle ne les élève en aucune façon. Elle ne leur apprend pas – ou alors si peu – à devenir des citoyens ou des citoyennes avisé(e)s, conscient(e)s et responsables, des adultes équilibrés, libres, autonomes, créatifs et souverains. Elle favorise amplement la compétition au détriment de la coopération et développe peu leur esprit sinon le bride ou le formate pernicieusement. Ne vaut-il pas mieux avant tout réussir sa vie plutôt que de (seulement) réussir dans la vie ?
« L’intelligence artificielle ne fait pas le poids face à la stupidité naturelle. »
(Attribué à Albert Einstein) (1879–1955)
Bientôt tous crétins
Déséducation – Quand la propagande remplace l’instruction…
Le naufrage de l’Éducation nationale
À l’école des écrans et de la start-up nation
La chute – continue, vertigineuse – dans les classements internationaux(*) des élèves français devient, elle aussi, automatique.
Une honte cinglante compte tenu des moyens engagés
(*) : PISA, OCDE, TIMMS, PIRLS… Ainsi, le classement PISA 2022 place la France 26ᵉ en mathématiques, 29ᵉ en lecture et 26ᵉ en sciences (sur les 85 pays participants).
Quitte à faire hurler les « progressistes » de tout poil, j’ai la nette impression que le niveau du Baccalauréat actuel – obtenu majoritairement à 17-18 ans après 12 laborieuses, fastidieuses années de scolarité – est bien près, dans les matières de base, d’approcher le niveau du Certificat d’Études Primaires Élémentaires (CEPE ou plus familièrement, Certif’) tel qu’ont pu l’obtenir par exemple mes parents à l’âge de 13-14 ans – après seulement sept années d’école communale – à la fin des années 1930(*).
(*) : Et ce sans ordinateurs, vidéos, calculettes et autres gadgets technologiques… Mais par contre avec en prime un généreux tas de corvées domestiques à effectuer matin, midi et soir tout au long de l’année – volontiers agrémentés de travaux dans les champs. Alors qu’ils étaient par ailleurs tenus d’assister à l’office religieux (d’une demi-heure au moins) TOUS les matins (7h00 en été, 7h15 en hiver – et gare aux retardataires ou aux absents !)… Et tout cela sans ramassage scolaire. Ainsi dans les années 1960 encore, certains de mes petits copains habitant le hameau le plus excentré par rapport à l’école du village parcouraient quotidiennement une bonne douzaine de kilomètres à pied… qu’il fasse soleil, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige… Oui, c’était un autre temps. Et cela forgeait chez les jeunes de l’époque un tout autre caractère qu’aujourd’hui.
Ne fallait-il pas, en effet, vers la fin du siècle dernier (dans les années 1990), amener 80 % d’une classe d’âge à réussir le « Bac » ? Les conséquences sont là, bien visibles. Et l’hyper inflation des parchemins qui en a résulté, aussi. Encore une monnaie de singe. Quel fabuleux progrès !!
An official « blâme » même si la faute n’en revient pas au seul système d’instruction, mais plus largement aussi à l’éducation… aux élèves et à leurs parents !
Tout commentaire superflu, y compris sur l’explication foireuse de notre ministre (11/2016) qui, soit dit en passant, en dit long sur le champ de ruines – et la foire d’empoigne – qu’est devenue l’école sous les assauts continuels et dévastateurs des réformes incessantes des « experts » et des politicards. Au secours ! Ça pue ! Ça empeste !
Cocorico !! Nous chantons… sur le fumier !
Demain, tous crétins ?(*)
Remarquons ici en aparté qu’un certain nombre de spécialistes de la question signalent une amorce – semblant se confirmer – de déclin du « QI » en occident depuis le milieu des années 1970. L’étiologie du phénomène paraît multifactorielle et renvoie à des causes non encore clairement élucidées.
Parmi les facteurs évoqués, l’exposition croissante des enfants aux perturbateurs endocriniens – spécialement dans les premières années de la vie. Selon d’autres auteurs, les vaccinations pourraient également être impliquées dans ce phénomène en raison notamment de leurs incidences néfastes sur le système nerveux. D’autres chercheurs encore soulèvent des origines sociétales, les flux migratoires, l’évolution démographique ou incriminent des biais statistiques.
Et pour couronner le tout, la généralisation des écrans en tout genre – et ses innombrables implications délétères sur tous les plans – n’arrange rien à l’affaire (que ce soit leurs usages scolaires, et, plus néfastes encore, récréatifs). J’ai parfois la déplaisante impression que plus il y a d’écrans, de tablettes, de technologie en tout genre, et plus le cerveau de leurs utilisateurs se trouve dommageablement allégé, altéré, dévoyé… pour ne pas dire cramé.
(*) : Titre emprunté au documentaire éponyme (2017).
Le progrès est une chose délicieuse. (N.F.)
Une société est le produit de son éducation. C’est à une déconstruction planifiée d’envergure et même à une désintégration contrôlée, à un sabotage en règle de l’Éducation-Instruction auxquels nous assistons depuis au moins un demi-siècle tant les « cours » dispensés ressemblent toujours davantage à des publicités « éducatives » – toutes prêtes à l’emploi – parrainées et financées par l’État au grand bonheur des employeurs et des Gafam. On peut d’ailleurs se demander si dans la frénétique course à l’accumulation (à laquelle le savoir n’échappe pas) l’école ne fabrique pas principalement des chiens savants – et, en masse, des jeunes violents et incultes –, tant il s’agit davantage d’apprendre que de comprendre vraiment, et si, au final, la mémoire n’est pas tout bonnement substituée à l’intelligence, un savoir mort prenant la place d’un savoir vivace. Que peut sortir – de bon du moins – d’une coquille vide, d’une conscience de pois chiche, voire de caillou, même flanquée d’une mémoire de cheval ou d’un ordiphone ? « Savoir par cœur n’est pas savoir ». Combien de fois pourtant le célèbre aphorisme de Michel de Montaigne a-t-il été cité – et, semble-t-il, ânonné par de grands… experts ?
Hautes études chadokiennes si l’on n’y prend garde.
P.S. : Combien de savants imbéciles et/ou scélérats (dont des prix Nobel), de crétins diplômés, de chercheurs carriéristes, de crapules instruites, de pognonistes avides, plus ou moins conscients ou inconscients mais tous criminels en puissance, ont participé – participent, et participerons encore – en service commandé, de près ou de loin, aux programmes de mort, de souffrance et de désolation dont vous trouverez quelque aperçu sur la page « Bonnes urgences » ?
Lorsque l’éducation sexuelle prime l’instruction civique. Par ailleurs, il ne fait aucun doute que nos décideurs politiques, sous le prétexte – totalement fallacieux – de protection et d’épanouissement, se trouvent depuis quelques années beaucoup plus intéressés à faire absolument de nos enfants, dès le primaire, voire la maternelle (!) des sexperts (en la matière) que de stimuler le goût de l’apprentissage, leur donner les véritables clés de l’équilibre personnel et de l’autonomie ou de leur apprendre réellement à vivre en société (cf. le programme EVARS).
(…)
Sans oublier de rappeler que nos jeunes – et moins jeunes – sont non seulement exclusivement biberonnés, bercés, serinés au pur matérialisme(*) – au seul matérialisme –, mais qu’ils baignent dedans dès avant leur naissance ; matérialisme dont, sans le savoir, ils resteront prisonniers toute leur vie durant et dont seuls quelques-uns arriveront à s’extraire, partiellement au moins de la nasse.
Quant à l’éducation – si éducation il y a – elle est peu ou prou réservée aux parents ou à la sphère familiale… si famille il y a (encore).
Cependant, consolons-nous, gageons que la prodigieuse I.A. suppléera aux carences – aux béances – de l’éducation et de l’instruction tout court.
(*) : Si puissamment véhiculé par les écrans !
« L’intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu’à ce qu’il nous ait prouvé le contraire. »
(Georges Bernanos) (1888–1948)
L’éducation constructive – Éduquer à la vie plus encore que préparer à un métier.
L’éducation commence avant la naissance, dès avant même la conception de l’enfant ; elle commence par celle des parents !
(…)
Numérisation-déshumanisation
(…)
–oOo–
« Ce qui me paraît le plus insupportable — et c’est aussi ce que fait notre société — c’est que l’école me séparait de moi-même. Ce n’était pas d’une personne, mais de moi-même, dans le vagabondage des heures, des humeurs. C’était ça dont j’étais séparé. » (Christian Bobin) (1951–2022)
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